Palmyre 2.0

Context

Palmyre, la croisée des mondes

Oasis du désert de Syrie au nord-est de Damas, Palmyre abritait les ruines monumentales d’une grande ville qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique. Au carrefour de plusieurs civilisations, l’art et l’architecture de Palmyre unirent aux Ier et IIe siècles les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse.

Enjeux et conflits

Le 22 mai 2015, les troupes fondamentalistes entrent dans la ville de Palmyre, surnommée la « perle du désert ». Dans les jours qui suivent l’arrivée des islamistes, les grands reliefs non transportables de la cour du musée dont la statue du Lion de Palmyre sont détruits ou fortement détériorés. La première reprise de la ville par les militaires syriens confirmera que des dizaines de statues n’ont pas été évacuées et qu’elles gisent vandalisées dans les ruines du musée archéologique.

En dépit d’un communiqué des occupants annonçant la préservation des édifices, le temple de Baalshamin, divinité antique, est détruit à l’explosif ; les images sont transmises le 23 août 2015. Quelques jours auparavant, l’ancien directeur des antiquités de Palmyre, Kaled al-Assaad, âgé de 82 ans, est exécuté par des djihadistes du groupe extrémiste à Palmyre.

Le 30 août 2015, une partie du temple de Baal est détruite à l’explosif. Le 4 septembre 2015, la destruction des tombeaux d’Elahbel, Khitôt et Jamblique, érigés au début du IIe siècle9 est confirmée. Le 4 octobre, l’arc de triomphe est détruit à l’explosif.

En mars 2017, la reprise de Palmyre par les forces du régime syrien confirme que le Tétrapyle ainsi que la porte monumentale du front de scène du théâtre romain ont été endommagés à l’explosif.

Palmyre 2.0

Dispositif

Partie 1

Les 26 et 27 avril 2016 eut lieu Palmyre 2.0 sous sa première forme : une sorte d’«objet-événement», un dispositif dans lequel quelqu’un, n’importe qui et sans le savoir, pouvait activer un explosif sur une maquette, un territoire imaginaire et fabriqué-mains. Pour déclencher le dispositif, un événement sur Facebook invitait les gens à téléphoner sur un numéro. Ce simple appel faisait alors exploser une partie de la maquette.

Partie 2

À la suite de ces deux jours, l’artiste a invité une pseudo-équipe scientifique pour «déblayer», collecter les débris et les inventorier de manière systématique et protocolaire.

Partie 3

Sous sa forme d’installation, Palmyre 2.0 rend compte de l’État a posteriori de l’événement : dans une pièce aseptisée aux allures de scène de crime, tout objet ayant eu un rapport avec l’événement était présenté répertorié et classifié.

Partie 4

Enfin, la vidéo Palmyre 2.0 rend compte de ces trois étapes

Conclusion

Le projet Palmyre 2.0 provoque cette sensation: quelque chose nous échappe. Notre incompréhension face à la barbarie de ces actes invite à de profondes remises en questions. Survient alors ce constat: tout être humain agit sans connaître ou sans mesurer l’impact, proche ou lointain, de ses actes. A travers cette pièce, l’artiste s’interroge sur la part de responsabilité de chacun face à de tels événements.

Vidéo